Annuaire de la ville de nantes et de son agglomération

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Nantes et la Bretagne

La question de l'appartenance administrative de Nantes — et plus généralement de la Loire-Atlantique — à la région Bretagne est régulièrement l'objet de débats passionnés.

Nantes fut la plus grande ville de ce qui fut jadis le pays et la province de Bretagne, appartenance qui est toujours un élément constitutif de son identité.

Historiquement, les liens du pays nantais ("Paeï de Nàntt" en gallo) et de la Bretagne sont évidents, au point même qu'on vit les ducs de Bretagne faire de Nantes leur lieu de résidence principale, comme en témoigne aujourd'hui encore la présence du Château des Ducs de Bretagne au cœur de la ville et le souvenir du château du Bouffay. La majorité des ducs de Bretagne se sont fait inhumer à Nantes même (Alain II Barbetorte, Jean IV, Pierre II, Arthur III, François II, le cœur d'Anne…) ou dans l'abbaye voisine des Sorinières (Constance, Alix), marque d'un choix affectif et politique.

En 1789, la suppression des anciennes provinces et la création des départements découpe la Bretagne en cinq départements ; la Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique) est l'un de ces derniers.

En 1848, la Bretagne est brièvement recomposée par le mandat de commissaire général de la Bretagne qu'obtient le Nantais Michel Rocher, avec autorité sur les commissaires généraux (appellation qui venait de remplacer celle de préfet) des quatre autres départements bretons.

Au XXe siècle, les regroupements départementaux successifs (régions économiques « Clémentel » et régions touristiques créées en 1919, régions économiques créées en 1941 par le régime de Vichy, régions de programme de 1955 transformées ultérieurement en régions administratives) séparèrent à chaque fois la Loire-Atlantique des autres départements bretons. Nantes est donc toujours à l'heure actuelle administrativement en région Pays de la Loire (elle en est même la capitale de région), mais le débat politique persiste : les partisans d'une telle mesure évoquent des intérêts économiques et d'administration territoriale, ses détracteurs leur opposent le plus souvent des arguments culturels et historiques. Il faut pourtant noter que même si les élus locaux sont plus ou moins favorables au rattachement de la Loire-Atlantique à la région administrative Bretagne, ils n'en font pas ou plus une question déterminante, pour finalement aboutir à une revendication à vocation très touristique. Par ailleurs, ces aspirations culturelles, pour justifiées qu'elles soient, n'auraient qu'une portée que très symbolique, puisque l'axe d'influence tradtitionnel nord / sud - donc incluant la Bretagne - de la ville a depuis la régionalisation cédé le pas à une influence est / ouest nettement plus marquée (voir pour cela l'orientation des axes de transport) et qui témoigne d'une prise de distance de fait, au moins sur le plan économique, de la ville d'avec Bretagne dite "historique".

La question linguistique est également épineuse. Dans l'Est de la Bretagne, et particulièrement dans les grandes villes (Rennes comme Nantes), le français ou des dérivés de la langue d'oïl ont depuis longtemps plus d'influence que le breton. Ainsi, les campagnes du pays nantais ont davantage connu le gallo que le breton, ce qui d'ailleurs n'a pas été le cas sur tout le département : Batz-sur-Mer par exemple a été une enclave bretonnante jusqu'à la deuxième moitié du XXe siècle. Néanmoins, la volonté de retrouver des racines historiques et culturelles pousse de nombreux Nantais à apprendre et à pratiquer le breton, ou à le faire apprendre à leurs enfants. Ainsi, l'école Diwan propose depuis 1978 un enseignement entièrement en breton, et même une école publique (les Marsauderies) et une école privée (Ste Madeleine) accueillent depuis 1998 les enfants dans un cadre bilingue. On note aussi la présence de traduction en breton des plaques touristiques de la ville de Nantes (face au Château, face à la Cathédrale, Place du Bouffay), mis en place avec l'aide de l'Office de la Langue Bretonne.

Ces exemples restent toutefois exceptionnels, et le breton n'est pratiquement pas parlé à Nantes aujourd'hui, ce qui d'ailleurs n'empêche pas une très large part de sa population de se sentir très proche de la culture bretonne.

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